MERCI PATRON ! Le film de François Ruffin fait un tabac et c’est tant mieux. Il y a un moment où, à force de descendre, votre gros orteil touche le fond de la piscine et hop, vous remontez. Le film de RUFFIN, c’est le déclic qui va vous faire remonter et vous regonfler. Car le message est très simple, « NOUS N’AVONS EN FACE DE NOUS QU’UN TIGRE DE PAPIER. » Ruffin ne fait qu’appliquer la pensée de Mao Tsé-Toung. On se demande comment on a pu oublier une chose aussi évidente. Et d’ailleurs Mao Tsé-Toung ajoutait, « à la fin c’est nous qu’on va gagner ! »

Dans Merci Patron !, le tigre de papier s’appelle Bernard ARNAULT, dont le groupe LVMH fait délocaliser en Pologne l’usine de Poix-du-Nord, là où travaillaient Jocelyne et Serge KLUR. Licencié, endetté, au chômage, le couple KLUR, aidé de François RUFFIN, va réussir à faire plier Bernard ARNAULT et retrouver du boulot.

Mais pour ceux qui veulent aller plus loin, il faut revenir en arrière, MERCI PATRON a une longue histoire qui vient de LÀ-BAS SI J’Y SUIS. Nous avons retrouvé quelques épisodes pour vous régaler les oreilles :

– MAI 2007 : UN COSTARD POUR LE ROI DU LUXE (reportage : Pascale Pascariello et François Ruffin)

En mai 2007 – bientôt dix ans (!) – l’équipe de LÀ-BAS s’invite déjà à l’assemblée des actionnaires de LVMH. Il suffit d’acheter une action pour y participer, c’est notre ami Jean-Luc Porquet duCanard enchaîné qui nous a donné ce tuyau qu’il a lui-même utilisé.

Aussitôt François Ruffin et Pascale Pascariello, qui rêvent d’approcher le Roi du Luxe, deviennent actionnaires et se préparent pour l’assemblée. Ils ne sont pas seuls. Ils invitent des ouvrières du Nord et des salariés de la Samaritaine.

En effet le premier groupe de luxe au monde, LVMH, va délocaliser sa production de costumes Kenzo en Pologne. Mais les ouvrières du sous-traitant ne se laissent pas faire. Avec Marie-Hélène Bourlard, déléguée syndicale et formidable lutteuse sociale, elles arrivent donc pour “discuter” avec Bernard Arnault, l’homme le plus riche de France, lors de cette Assemblée Générale des actionnaires à Paris. Les salariés de la Samaritaine, également licenciés par LVMH, viennent les épauler, ainsi que Monsieur Baudoux, le maire d’Aulnoye-Aymeries.

Marie-Hélène Bourlard raconte aujourd’hui dans la Voix du Nord, sa rencontre avec François Ruffin. « Il est venu à l’usine pour France Inter, c’était au moment des élections présidentielles » ( Mars 2007) Ruffin lui souffle l’idée d’acheter une action LVMH et d’intervenir devant l’assemblée des actionnaires. « Nous avons acheté à plusieurs une action. Ça nous a coûté 100 euros. J’ai dit aux filles qu’on allait manifester à Paris. Elle ne savait pas qu’on irait au Carroussel du Louvre devant les actionnaires de LVMH. » Marie-Hélène Bourlard s’en souvient « comme si c’était hier. Bernard Arnault parlait à la tribune. Je lui ai posé la question : il y a 147 chômeurs dehors qui attendent que vous renégociez un nouveau contrat avec Kenzo. François Ruffin était dans la salle. Bernard Arnault s’est fâché ».

*Publiqué sûr là-bas si j’y suis Vous pouvez (ré)écouter ces trois émissions >>>>>

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